L'art de l’estampe, autant un plaisir pour l'œil que pour le toucher

Dernière mise à jour : 15 août 2021

Une gravure est faite pour être contemplée. Savez-vous que sa conception est un vrai plaisir pour les autres sens aussi ?



En temps normal, en période de portes ouvertes, en tant que visiteuse ou visiteur, vous prenez le lino dans vos mains pour en ressentir la souplesse, la douceur ou la rugosité. Certains d’entre vous le sentent aussi et y perçoivent l'huile de lin qui entre dans sa composition… Je ne manque jamais de vous inviter à toucher le papier que j’ai choisi pour imprimer et j’essaie de vous transmettre mon émerveillement devant tant de possibilités.


Anne de la Forge, émailleur d'art contemporain nous avait invitées, Mizanne céramiste et moi, à partager son magnifique studio à l’occasion des Journées Européennes des Métiers d’Art du 6 au 11 avril 2021. Confinement oblige, cette année la programmation est en ligne… Le thème donné à ces journées en 2021 étant “matières à l'œuvre", comment vivre ensemble cette expérience sensorielle ?


Dans ce billet, je vous montre quelques photos des matières à l'œuvre dans la réalisation d'une gravure en espérant que nous pourrons un jour prochain mettre en pratique ces observations. N'hésitez pas à commenter, à faire part de vos remarques et à poser vos questions !


Le support à graver : les linos, les bois…

Dans la gravure “en relief” ou "taille d’épargne” le support à graver est du linoleum ou du bois (on trouve aussi des supports en matières synthétiques et ont leurs avantages mais elles ne sont pas ma tasse de thé).


Le linoleum est inventé en Angleterre vers 1870 par Frederick Walton. Utilisé pour recouvrir les sols, il est utilisé pour la gravure au début du XXème siècle. C’est un matériau très naturel : composé de poudre de liège, d’huile de lin, de gomme et de résine, comprimé sur une toile de jute. J’ai testé différents types de lino et celui que je préfère est le gris. Il se laisse graver facilement et est bien souple au toucher (le lino est moins souple lorsqu’il fait froid !).


Le bois que j’utilise est du contreplaqué japonais très facile à graver. On peut aussi graver sur du bois massif beaucoup plus dur.



Lino gris, marron, blanc, contreplaqué japonais


Le support à imprimer : les papiers

Il existe une infinie variété de papiers. Ils vont du plus fin au plus épais et on les choisit en fonction des projets et des techniques de gravure et d’impression… Voilà quelques papiers que j’utilise souvent.

  • Le plus pratique pour faires des cartes, le Unica de Fabriano en blanc et en crème, 250 g par mètre carré, opaque et rigide comme il faut,

  • Le plus magique, si fin et si solide à la fois, le Kozo. Celui que j’utilise est fabriqué en Corée et ne pèse que 20g au mètre carré. C’est un voile transparent qui devient invisible si l’on colle la gravure sur une toile par exemple...

  • Le plus élégant, le Tosa whashi blanc du japon, légèrement tramé et translucide,

  • Le plus brillant et le plus étonnant, le Tosa shi 54 g par mètre carré, une face rugueuse et une face encollée bien brillante, légèrement transparent et moelleux...


Fabriano Unica blanc et crème ; Tosa shi (à gauche) ; Kozo (à droite) - Tosa washi


Je vous présenterai dans un autre billet les supports et les surfaces utilisés pour la gravure taille douce, j’espère que vous serez du voyage !


 

Dans le cadre de la programmation digitale de l’atelier d’Anne de la Forge pendant les Journées Européennes des métiers d’art nous vous proposons de découvrir aujourd'hui le métier d’Anne, émailleur d’art https://youtu.be/YEGGAlismbk. Retrouvez Anne de la Forge, émailleur d’Art et de Mizanne, céramiste, sur leurs sites en cliquant sur les liens :