C’est l’été, “imprimez” avec le soleil en réalisant vos cyanotypes

Dernière mise à jour : 31 juil. 2021

… et engrangez de l'inspiration pour vos futures gravures



Un cyanotype est une image réalisée avec une technique photographique inventée au milieu du XIXème siècle en Angleterre par John Herschel. Dans cet article je détaille les étapes du processus en partageant avec vous ce que j’ai appris de mes expériences.



Etape 1 - La préparation du support (la veille)

Un support (papier, tissu) est imprégné d’une solution photosensible composée de ferricyanure de potassium de citrate d'ammonium ferrique (vendue dans les magasins spécialisés).


On peut mettre deux couches fines de solution pour un résultat final plus contrasté. J’applique la solution au pinceau mousse en faisant attention car le tracé peut se voir si on n’est pas précautionneux. Je croise les deux couches de solution.


Pour des marges bien nettes, j'utilise du washi tape (ruban adhésif) qui a l'avantage de se déchirer facilement à l'étape du rinçage et ne déchire pas le papier.


J’utilise du papier pour aquarelle bien épais (300 g/m2) sans trop de grain et surtout sans acide.


Le support photosensible est mis à sécher dans le noir et y restera jusqu’à son utilisation (évidemment).


Etape 2 - La préparation du cyanotype

Plants laid out on sensitive paper to make cyanotypes

Un jour où le soleil brille, plutôt vers midi afin que ses rayons soient bien verticaux (et qu’il y ait le moins d’ombre possible), on pose des plantes, des objets ou un négatif sur le papier enduit et on l’expose au soleil.

J’aime utiliser des plantes cueillies lors d’une promenade matinale. Je pose une vitre (non traitée anti UV !) sur le support couvert de plantes pour éviter qu’elles ne s’envolent ou ne bougent pendant l’exposition (le résultat serait flou).



Etape 3 - L’impression : la magie du soleil

On peut fixer la vitre au support au moyen de pinces / pinces à linge pour s'assurer que les plantes soient aussi aplaties que possible sur le support.


Les UV du soleil réduisent le fer sur les parties du support exposées. Il se forme une couleur bleu foncé tirant vers le vert.


On obtient cette couleur en quelques minutes… 6 à 7 minutes suffisent et parfois moins en cas de temps radieux (1 à 3 minutes peuvent suffire ; il faut 15 à 20 minutes si le temps est nuageux).












Etape 4 - La révélation : on joue avec l’eau

Cyanotypes being developed by being rinced in water

On débarrasse le papier des plantes, objets ou négatif photographique posés dessus et on le rince à l'eau claire. Pour économiser l'eau, j'utilise une bassine en prenant garde de bien faire bouger l’eau pour que les parties blanches restent bien blanches ; je renouvelle l’eau trois fois. Je prévois environ 5 minutes pour le rinçage en tout.




Cynotypes drying on a drying line

Et voilà ! Après séchage, il faut environ 24 heures pour que le cyanotype arrive à sa couleur bleue de Prusse foncée définitive.














Et après ? Quelles pistes pour continuer à créer à partir du cyanotype ?

Certaines personnes n’aiment pas trop le cyanotype qui leur rappelle une radio ou se plaignant que les cyanotypes sont toujours bleus… dans un prochain article de blog je vous montrerai comment faire varier les couleurs d’un cyanotype en le “blanchissant” ou en le “virant” : on obtient de jolis jaunes et des bruns plus ou moins chauds, pour un résultat proche d’une photo en noir et blanc.








Bien entendu on peut aussi s’amuser à recréer un cyanotype en linogravure : c’est l'inspiration de ma série “en chemin”.


4 linoprints inspired by cyanotypes - yellow, dark red, turquoise, blue

Le choix des couleurs est alors infini. Le seul enjeu est de bien réussir ses aplats...